Après avoir proposé mercredi 22 avril un nouveau cadre légal européen pour les autorisations d’importation d’organismes génétiquement modifiés (OGM), la Commission européenne a annoncé aujourd’hui l’approbation de dix nouveaux OGM pour la nourriture et l’alimentation et le renouvellement de sept autorisations existantes, ainsi que l’approbation de deux nouvelles fleurs génétiquement modifiées.

José Bové se dit « scandalisé par la décision de la Commission européenne. En autorisant au niveau européen 19 OGM, le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker se couche devant le lobby des entreprises transgéniques. Il se moque des consommateurs européens qui depuis le début sont opposés aux plantes transgéniques. Il fait une concession majeure pour faciliter la signature de l’accord de libre-échange avec les USA, les OGM en étant une des pommes de discorde »

Dans une zone de libre circulation des marchandises, la possibilité laissée aux États d’interdire ensuite ces OGM sur leur territoire est un leurre. Les porcs et les jambons produits avec des aliments transgéniques en Pologne ou en Espagne se retrouveront sans aucune difficulté dans les rayons des grandes surfaces des autres pays. Il n’y aura en effet aucune possibilité de mettre en place des contrôles efficaces. Pour EELV, l’acceptation d’un tel système par les dirigeants européens est non seulement un cadeau faits aux lobbies mais également une insulte faite aux consommateurs européens majoritairement opposés à la consommation d’OGM.

En France, EELV appelle le Premier Ministre Manuel Valls à se montrer très ferme. Dans un premier temps, il doit interdire ces OGM, en France, pour l’alimentation des animaux. Dans un second temps, il doit également prendre les mesures nécessaires pour que les produits transformés par l’agroalimentaire dans d’autres pays de l’UE avec des produits ayant utilisé ces OGM ne puissent pas être commercialisés en France. Enfin, l’étiquetage des viandes, des œufs, du lait, produits avec des OGM, doit être imposé dès demain. Cette étiquette doit être claire pour que les consommateurs français et européens ne soient pas pris en otage et aient la liberté de consommer des produits sains en Europe.

Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux